Des limites psychiques de l’individu…

 Les  évocations hybrides de Justine Gaga sont les signes de nouvelles identités, souvent transitoires, qui peuplent les villes. Son personnage récurrent à la recherche d’issues, traduit son besoin de comprendre la nature humaine, il s’interroge, il nous interroge.

       Dans l’espace urbain, il résiste, comme sa créatrice. La résistance est d’ailleurs le moteur fondamental de l’art de Justine Gaga. Dans ses installations vidéo, ses peintures, elle dénonce les préjugés et notamment les images stéréotypées de la solidarité africaine. En effet, la ville de Douala, qu’elle connaît bien, est le tableau de plus en plus de solitudes, d’indifférences et de mépris.

Justine Gaga cherche à comprendre les liens sociaux, le fonctionnement des rapports humains. Pour cela, c’est la solitude qu’elle choisit d’expérimenter encore. Pas seulement physiquement, mais formellement, en l’inscrivant dans son travail.

Ses peinture et installations sont marquées par une silhouette noire ou blanche. Un être humain, sans aucun doute, mais juste un long corps, un long tronc en fait, et une tête sans trait, géométrique, équilibré. Un personnage visuellement très fort, dont l’identité est pourtant gommé.

         Au départ, sur la toile, une esquisse. Puis progressivement, Justine Gaga remodèle. Elle masque, superpose x et x fois, jusqu’à ressentir qu’il est temps d’arrêter. Ne s’abandonnant pas à l’impulsion naturelle, elle travaille et retravaille la matière, à tel point que radiographie révèlerait une vrai distorsion des formes et des aplats posés au fil de l’élaboration de l’œuvre.

Chaque transformation, chaque geste est un tournant. La toile se construit « de blessures en blessures ». Les traumatismes enfouis sous-tendent alors un personnage, toujours droit.

         Le travail de la créatrice est psychologique. En observant bien sa peinture, on devine des taches sombres, noires, à la manière des taches du test de Rorschach. Son œuvre est hautement autobiographique, intimement picturale, cependant elle est tout aussi universelle. Le personnage s’est elle. C'est vous aussi

L’errance psychologique qui s’en dégage est celle d’un être nomade, déraciné, exilé, d’une immense complexité émotionnelle noyée dans une foule urbaine, osant montrer la difficulté de s’extraire d’un certain maillage social. Chacun est seul dans une ,foule de solitude entremêlées liées sans savoir par quoi. Par leur appartenance physique à un même espace ? La ville dévore l’individu, le happe, créant des individualités toutes anonymes. Comment s’extraire du système alors ? Comment résister ?

 Justine Gaga questionne. Son oeuvre force à pénétrer son espace mental.

Elle crée une esthétique quasi-relationnelle entre son énigmatique silhouette et le spectateur. Figurant les  

connexions possibles entre les êtres vivant  

Adeline Chapelle,

Artbakery, Douala, mars 2008.

 

 

 

 

 

 

 


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Dernière modification : 23 mai 2008.
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